Harry S. Truman
(1884-1972)
Harry Truman est sans doute le président américain qui a hérité de la situation la plus complexe du XXe siècle. Propulsé à la Maison-Blanche à la mort de Roosevelt en avril 1945, ce « petit homme du Missouri » que personne n’attendait a dû mettre fin à la Seconde Guerre mondiale, gérer l’invention de l’arme atomique et dessiner les contours d’un monde nouveau, marqué par l’affrontement avec l’Union soviétique.
L’ascension d’un homme du Midwest
Harry S. Truman naît le 8 mai 1884 à Lamar, dans le Missouri. Issu de l’Amérique rurale du Midwest, il n’appartient pas à l’élite de la côte Est. Il est le dernier président américain à ne pas posséder de diplôme universitaire. Fermier, puis capitaine d’artillerie durant la Première Guerre mondiale, il connaît l’échec de sa boutique de mercerie avant de se lancer en politique. Soutenu par la puissante machine Pendergast de Kansas City, il est élu sénateur en 1934. Il se fait un nom en présidant le « Comité Truman », qui traque avec efficacité le gaspillage et la corruption dans l’industrie de guerre.
Le choc de la présidence
En 1944, Roosevelt le choisit comme colistier pour son quatrième mandat, notamment pour son image d’homme intègre. Mais il est tenu à l’écart des grandes décisions stratégiques. Lorsque Roosevelt meurt le 12 avril 1945, Truman est dévasté. Selon des témoignages rapportés par la presse, il déclara avoir eu l’impression que « la lune, les étoiles et toutes les planètes lui étaient tombées dessus ». Ce n’est que quelques jours plus tard qu’il est informé de l’existence du projet Manhattan et du développement de la bombe atomique. Et qu’il sera amené à prendre une décision la plus lourde de l’Histoire…
La fin de la guerre et Hiroshima
Truman doit achever le travail de Roosevelt. Il participe à la conférence de Potsdam en juillet 1945. Il y réalise alors que Staline ne respectera pas ses engagements sur la démocratie en Europe de l’Est. Face à l’acharnement du Japon, et souhaitant éviter une invasion terrestre extrêmement coûteuse en vies humaines, il autorise l’usage des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945. Le Japon capitule peu après, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale.

L’architecte de la Guerre froide
Très vite, Truman estime que l’alliance avec l’URSS est révolue. En 1947, il proclame la « Doctrine Truman » : les États-Unis soutiendront les peuples libres menacés par l’expansion communiste. Il lance le Plan Marshall pour reconstruire l’Europe et soutient la création de l’OTAN en 1949. Il surprend aussi en ordonnant la déségrégation de l’armée américaine en 1948, une mesure pionnière pour les droits civiques.
La Corée et le départ
En 1950, lorsque la Corée du Nord envahit le Sud, Truman engage les États-Unis sous l’égide des Nations unies. Le conflit s’enlise. Son bras de fer avec le général MacArthur, qu’il relève de son commandement pour insubordination, affaiblit sa popularité. Il quitte la présidence en 1953 avec un taux d’approbation très bas.
Harry Truman retourne alors dans sa ville d’Independence, dans le Missouri. Contrairement aux présidents modernes, il n’a alors aucune fortune et vit d’une modeste pension militaire de 112 dollars par mois. Ce n’est qu’après la publication de ses mémoires qu’il retrouve une aisance financière. Son intégrité face à ces difficultés poussera le Congrès à voter la loi sur les anciens présidents pour leur garantir une rente.
Truman passe ses vingt dernières années à superviser la création de sa bibliothèque présidentielle et à commenter la vie politique. Il s’éteint le 26 décembre 1972, à l’âge de 88 ans, au Research Hospital de Kansas City, suite à des complications pulmonaires.
Harry S. Truman en quelques questions
C’est une curiosité : le « S » ne correspond à aucun nom précis. Ses parents l’ont choisi comme un compromis entre les prénoms de ses deux grands-pères, Anderson Shipp Truman et Solomon Young. Comme le « S » est le nom complet, on ne devrait théoriquement pas mettre de point après, bien que Truman lui-même signait souvent avec un point.
C’est l’un des moments de tension les plus forts de sa présidence. Durant la guerre de Corée, MacArthur voulait étendre le conflit à la Chine et utiliser l’arme atomique, désobéissant publiquement aux directives de Truman qui voulait une guerre limitée. Pour préserver le principe constitutionnel selon lequel le pouvoir civil commande le militaire, Truman l’a limogé, malgré l’immense popularité du général.
Truman est célèbre pour avoir exposé une plaque sur son bureau avec l’inscription : « The Buck Stops Here » (l’erreur s’arrête ici). Cela signifiait qu’en tant que président, il assumait la responsabilité finale de toutes les décisions et ne cherchait jamais d’excuses ou de boucs émissaires.
Sources :
https://www.britannica.com/biography/Harry-S-Truman
https://www.encyclopedia.com/people/history/us-history-biographies/harry-s-truman
https://www.trumanlibrary.gov/education/trivia/biographical-sketch-harry-truman
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