Bernard Law Montgomery
(1887–1976)
Une enfance dans l’ombre de l’Empire
Bernard Law Montgomery naît le 17 novembre 1887 à Londres, dans une famille protestante d’Irlande du Nord. Son père, aumônier militaire, inculque très tôt à son fils la rigueur, la discipline et la foi. Monty grandit dans un milieu conservateur, marqué par les valeurs de l’Empire britannique, du devoir et de la loyauté.
Il intègre l’académie royale militaire de Sandhurst en 1908. Il sert ensuite avec distinction pendant la Première Guerre mondiale, où il est blessé à plusieurs reprises. S’il a souffert des horreurs du conflit, il en tire une expérience solide, axée sur la préparation minutieuse et la logistique.
L’ascension entre les deux guerres
Entre les deux conflits mondiaux, Montgomery se forme comme officier d’état-major et instructeur, étudiant les nouvelles doctrines militaires. Il se distingue par son attention extrême aux détails, son goût pour la planification rigoureuse et sa méfiance envers la prise de risque excessive.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est assez peu en vue. Toutefois, sa carrière décolle rapidement après la campagne de France en 1940. En effet, il se distingue dans la retraite vers Dunkerque. Par la suite, en 1942, il est nommé commandant en chef de la 8e armée britannique en Afrique du Nord. Il s’agit là du véritable tournant de sa carrière.
La victoire à El Alamein
Sous la direction de Montgomery, la 8e armée subit une restructuration complète. Monty instaure une discipline stricte, reconstitue les forces, met l’accent sur le moral et la formation. Il planifie avec précision l’offensive décisive contre les forces de Rommel à El Alamein, en Égypte, en octobre 1942.
La bataille dure plusieurs semaines. Mais grâce à une supériorité logistique, une défense solide et une tactique prudente, Montgomery parvient à repousser l’Afrikakorps. La victoire d’El Alamein est un tournant majeur dans la guerre en Afrique. Il s’agit en effet de la première grande défaite de l’Axe, et le début de la retraite allemande.
Le rôle clé dans l’Italie et le Débarquement
Après l’Afrique, Montgomery commande les forces alliées lors de la campagne d’Italie. Il prend part à des combats difficiles dans les montagnes et villes fortifiées. Et il s’y forge une réputation de chef inflexible, parfois difficile avec ses alliés.

Toutefois, c’est surtout en 1944 qu’il acquiert une renommée internationale. En effet, il dirige la 21e armée lors du Débarquement de Normandie (6 juin 1944). Monty organise et coordonne les forces terrestres alliées dans la percée vers l’intérieur des terres, notamment lors de la bataille de Caen.
La percée vers l’Allemagne
Au fil de l’été et de l’automne 1944, Montgomery mène ses troupes à travers la France, la Belgique et les Pays-Bas, dans une avancée méthodique vers l’Allemagne. Il participe à la bataille des Ardennes en décembre 1944. Il intervient pour stabiliser le front face à la dernière grande offensive allemande.
Montgomery est souvent critiqué pour son style autoritaire, son arrogance et ses tensions avec d’autres chefs alliés, notamment Patton et Eisenhower. Pourtant, il reste un général populaire auprès de ses soldats, pour son souci de leur bien-être et son leadership solide.
Après la guerre, Montgomery reste une figure centrale de la défense britannique et européenne. Il est nommé chef d’état-major impérial en 1946, puis président du comité militaire de l’OTAN en 1951. Il défend une vision rigoureuse de la guerre moderne, souvent critiquée pour son conservatisme. Ses relations avec les autres commandants alliés — en particulier Eisenhower — restent tendues, malgré le respect réciproque.
En 1958, il prend sa retraite de la vie militaire, avec le titre de vicomte Montgomery of Alamein. Il se consacre à l’écriture de ses mémoires, où il défend son rôle dans la guerre et n’hésite pas à critiquer certains de ses anciens alliés. Comme à son habitude, il ne fait preuve d’aucune modestie.
Il s’éteint le 24 mars 1976, à l’âge de 88 ans, dans sa résidence de Alton, dans le Hampshire. Il est inhumé avec les honneurs militaires, dans la simplicité qu’il avait lui-même souhaitée.
Bernard Montgomery en quelques questions
Avant de lancer une offensive, Montgomery passait énormément de temps à parler directement à ses troupes. Il s’assurait que chaque soldat comprenait son rôle. En améliorant la nourriture, les soins et surtout en leur redonnant la fierté de la victoire (après les défaites répétées contre Rommel), il a créé un lien de confiance unique.
Montgomery était le commandant en chef des forces terrestres pour l’opération Overlord (le 6 juin 1944). C’est lui qui a coordonné l’ensemble des armées alliées (américaines, britanniques et canadiennes) sur les plages, avant de céder le commandement global à Eisenhower une fois le front stabilisé.
Ses détracteurs, surtout américains, l’ont souvent critiqué pour sa lenteur (notamment devant Caen). Cependant, Montgomery savait que le Royaume-Uni n’avait plus les réserves humaines pour supporter des hécatombes. Sa prudence était une stratégie délibérée pour préserver les effectifs de l’Empire.
Lancée en septembre 1944, c’était l’idée la plus audacieuse de Montgomery : parachuter trois divisions derrière les lignes allemandes aux Pays-Bas pour s’emparer des ponts sur le Rhin. L’opération fut un échec coûteux à Arnhem, prouvant que l’armée allemande était encore capable d’une résistance acharnée.
Montgomery est le seul général allié à avoir battu Rommel de manière décisive à la régulière (en Afrique du Nord). Bien que leurs styles soient opposés (Rommel était un intuitif du terrain, Montgomery un planificateur), ils partageaient un respect mutuel profond.