Martin Bormann
(1900–1945)
Martin Ludwig Bormann naît le 17 juin 1900 à Wegeleben, près de Halberstadt, dans l’Empire allemand. Après la Première Guerre mondiale, il rejoint un corps franc, participant brièvement à des actions paramilitaires. Condamné en 1924 pour complicité dans un meurtre politique, il rejoint les rangs du parti nazi en 1927. Il devient aussi membre de la SS en 1937. Bormann gravit rapidement les échelons, devenant chef d’état-major de Rudolf Hess en 1933, puis chef de la Chancellerie du parti après l’arrestation de Hess en Angleterre en 1941.
Marié à Gerda Buch, fille d’un haut dignitaire nazi, Bormann aura dix enfants, dont Martin Bormann Jr.
Bormann consolide le pouvoir à travers la bureaucratie du parti. A ce titre, il est considéré comme l’homme le plus puissant du régime Nazi, après Hitler. En effet, il supervise désormais les nominations, les légiférations internes et concentre la gestion de l’agenda d’Hitler. Il devient aussi le filtre essentiel entre le Führer et les autres dirigeants, et il faut passer par Bormann pour avoir accès au Führer.
Il devient particulièrement proche et indispensable à Hitler, comme en témoigne les remontrances de celui-ci envers le photographe Heinrich Hoffmann : « Mettez-vous bien cela dans la tête, j’ai besoin de Bormann pour gagner cette guerre. Certes, il est brutal et sans scrupules. C’est un taureau. Mais que chacun se dise bien que celui qui en veut à Bormann est contre moi, et que je ferai fusiller tous ceux qui s’opposent à cet homme ».
Influence dans le régime nazi
Connu comme l’« éminence grise » du Troisième Reich, Bormann exerce une influence discrète mais immense sur la politique intérieure. En effet, il s’engage activement dans les programmes antichrétiens et antisémites, la mise en œuvre de l’euthanasie, l’extermination des Juifs et la déportation de civils par le travail forcé.
Bormann fait construire le Kehlsteinhaus (le « Nid d’aigle »), à Obersalzberg, non loin du Berghof, la résidence de Hitler près de Berchtesgaden dans les Alpes bavaroises. Il en « fait cadeau » au Führer pour son 50e anniversaire au nom du NSDAP le 30 avril 1939. C’est une réalisation luxueuse et très coûteuse, avec un système d’ascenseur de creusé dans la montagne. Hitler ne s’y rend que très rarement car il s’agit d’un lieu de rassemblement pour les dirigeants du parti nazi.

Pendant les derniers mois de la guerre, il transforme la Chancellerie du NSDAP en centre bureaucratique extrêmement actif. Joseph Goebbels la qualifiera de « chancellerie de papier ». Il publie à lui seul des centaines de directives en 1944, même lorsqu’il est conscient de l’effondrement imminent du Reich.
Fin de vie et statut posthume
Bormann se retire avec Hitler dans le Führerbunker de Berlin en janvier 1945. Après le suicide du Führer, il tente de fuir la ville. Il est accompagné notamment de Ludwig Stumpfegger, médecin SS et chirurgien d’Hitler. Ils se seraient suicidés peu après, le 2 mai 1945, près de la gare de Lehrter Bahnhof.
Pendant des années, des rumeurs fantaisistes le faisaient vivant en Amérique du Sud. Toutefois, le 7 décembre 1972, deux cadavres furent découverts lors de travaux de creusement d’une tranchée pour une canalisation d’eau près de la gare de Lehrter. Ces squelettes furent identifiés comme ceux de Bormann et de Stumpfegger grâce à leur dentition. De fait, l’identification est confirmée en 1998 par test ADN. Du verre retrouvé entre les dents indiquerait qu’il se serait suicidé avec une capsule de cyanure.
Bormann a été condamné à mort par contumace lors du procès de Nuremberg pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Martin Bormann en quelques questions
Bormann agissait dans l’ombre. En tant que secrétaire particulier du Führer, il contrôlait l’agenda de Hitler, décidait qui pouvait le rencontrer et gérait ses finances personnelles. Cette position de « filtre » lui permettait d’exercer une influence immense sur les décisions du Reich sans jamais être sur le devant de la scène médiatique.
Après la fuite de Rudolf Hess en Angleterre en 1941, Bormann a repris ses fonctions en tant que chef de la Chancellerie du Parti. Il a transformé ce poste en un véritable centre de pouvoir bureaucratique, rendant les autres dirigeants nazis (comme Göring ou Speer) dépendants de lui pour obtenir l’approbation du Führer.
Pendant des décennies, des rumeurs l’ont situé en Argentine ou au Brésil. Cependant, des restes humains ont été découverts à Berlin en 1972. Des tests ADN réalisés en 1998 ont prouvé avec certitude qu’il s’agissait de Bormann. Il s’est suicidé avec une capsule de cyanure le 2 mai 1945 pour éviter d’être capturé par les Soviétiques.
Bien que bureaucrate, Bormann a joué un rôle actif et radical. Il a signé de nombreux décrets concernant l’extermination des Juifs, le programme d’euthanasie et le traitement brutal des populations civiles dans les territoires occupés à l’Est. Il a été condamné à mort par contumace au procès de Nuremberg.
Les deux hommes se détestaient cordialement. Speer voyait en Bormann un intrigant brutal et inculte, tandis que Bormann méprisait l’arrogance intellectuelle de Speer. Leur rivalité pour obtenir l’oreille de Hitler a souvent paralysé l’administration du Reich à la fin de la guerre.
Sources :
https://www.britannica.com/biography/Martin-Bormann?
https://encyclopedia.ushmm.org/content/en/article/martin-bormann?
https://www.memoiresdeguerre.com/article-bormann-martin-39742396.html?