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LES DOSSIERS

La Résistance française : l’histoire d’un combat de l’ombre

Face à l’effondrement de la France en juin 1940 et à l’Occupation qui en suivit, une minorité de Français refuse la défaite et la collaboration avec les nazis. Réseaux de renseignement, mouvements clandestins, maquis : durant quatre ans, la Résistance s’organise, se structure et finit par jouer un rôle dans la libération du pays. Retour sur une aventure collective faite à la fois de courage, mais aussi de divisions et de trahisons.

1. Le choc de 1940 : la France coupée en deux

L’offensive de l’armée Allemande au printemps 1940 est d’une efficacité et rapidité redoutable. En six semaines seulement l’armée française (et son allié britannique) se retrouvent balayés. L’armistice, signé le 22 juin 1940, divise la France en deux : une zone occupée au nord et à l’ouest sur toute la façade atlantique, et une zone dite « libre » au sud, administrée depuis Vichy par le maréchal Pétain.

Le régime de Vichy, né du vote des pleins pouvoirs à Pétain par le parlement français le 10 juillet 1940, engage rapidement une politique de collaboration d’État avec l’occupant nazi, officialisée par la poignée de main de Montoire entre Pétain et Hitler le 24 octobre 1940.

Dans ce contexte, résister n’a rien d’une évidence. La France, qui était considérée comme l’une des meilleures armées du monde, est sonnée. Une partie de la population fait confiance au maréchal, héros de la première guerre mondiale.

Les premiers actes de résistance à l’occupant sont d’abord le fait d’individus isolés, sans lien entre eux, sans armes, sans organisation. Parmi les tout premiers gestes de résistance recensés figure celui de Jean Moulin : préfet d’Eure-et-Loir, il refuse dès le 17 juin 1940 de signer un document allemand mettant faussement en cause des tirailleurs sénégalais dans un massacre de civils. Il est alors temporairement emprisonné et tente de mettre fin à ses jours. Il entrera par la suite dans la clandestinité, et n’en sortira plus jusqu’à sa mort tragique.

Jean Moulin

Jean Moulin

2. L’Appel du 18 juin et la naissance de la France Libre

Le 18 juin 1940, depuis les studios de la BBC à Londres, le général de Gaulle, qui est alors un illustre inconnu, lance son appel à poursuivre le combat. Peu de Français l’entendent en direct : l’audience du discours est très modeste ce jour-là, sa portée est surtout postérieure. A cette époque, De Gaulle n’a aucune légitimité politique : il est un général de brigade à titre temporaire, inconnu du grand public, et le régime de Vichy le condamne à mort par contumace dès août 1940.

Ce geste fonde néanmoins la France Libre à Londres, qui deviendra le point d’ancrage extérieur de la Résistance. Le Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA), services secrets de la France Libre, est chargé d’organiser les liaisons avec les résistants qui sont sur le territoire français : parachutages d’agents, d’armes et de matériel radio, transmission de messages codés diffusés ensuite sur les ondes de la BBC… Une organisation se met en place, avec le soutien des britanniques.

Mais il convient de souligner qu’un décalage important existe au départ entre les deux Résistances. La Résistance intérieure, celle sur le sol français, naît de manière largement autonome, sans attendre de consignes de Londres, et est à ce moment-là désunie et désorganisée. Rapprocher les résistances intérieures et extérieures en les unifiant sous une autorité commune sera précisément l’un des grands chantiers des années suivantes, et aussi l’un des plus difficiles…

3. Les premiers réseaux (1940-1942)

Il faut distinguer deux types d’organisations :

  • Les réseaux de résistance. Ils sont tournés vers le renseignement ou l’action militaire directe et généralement rattachés aux services secrets alliés (français libres ou britanniques). Le réseau du Musée de l’Homme, fondé fin 1940 à Paris autour de l’ethnologue Boris Vildé, est considéré comme l’un des tout premiers réseaux structurés ; il sera démantelé par la police allemande en février 1941, et plusieurs de ses membres fusillés en 1942.
  • Les mouvements de résistance. Ils sont davantage tournés vers la propagande, la presse clandestine et l’organisation politique de la Résistance. Ils sont structurés par zone. En zone Sud émergent notamment Combat (autour d’Henri Frenay), Libération-Sud (d’Emmanuel d’Astier de La Vigerie) et Franc-Tireur (de Jean-Pierre Lévy). En zone Nord se développent l’Organisation civile et militaire (OCM) et Libération-Nord.

Le Parti communiste français, soumis à Moscou et donc dans un premier temps lié au pacte germano-soviétique, adopte d’abord une position attentiste. L’invasion de l’URSS par l’Allemagne le 22 juin 1941 va tout changer. Après cette date, les militants communistes s’engagent massivement dans la lutte armée et créent leur propre organisation, les Francs-Tireurs et Partisans (FTP), qui privilégie d’emblée l’action directe : sabotages, attentats contre des militaires allemands, là où les autres mouvements restent d’abord centrés sur le renseignement et la propagande.

Cette différence de doctrine nourrira des tensions très fortes entre communistes et gaullistes sur la conduite de la lutte armée. Même après la Libération les rancœurs resteront vives.

Le Général Charles de Gaulle prononce son appel à la résistance, le 18 juin 1940, au micro de la BBC.

Le Général Charles de Gaulle prononce son appel à la résistance, le 18 juin 1940, au micro de la BBC.

4. Résister au quotidien

Résister, avant d’être un acte de combat, est souvent un acte discret : diffuser un tract, cacher un aviateur allié dont l’avion a été abattu, fabriquer de faux papiers, faire passer un renseignement… La presse clandestine joue un rôle central pour informer et maintenir le moral de la résistance : des journaux comme Combat, Libération ou Franc-Tireur sont imprimés, souvent sur des presses de fortune dans des caves, et diffusés au péril de la vie de leurs artisans.

Les renseignements transmis à Londres (mouvements de troupes, positions de la Kriegsmarine et de ses bases, plans de fortifications…) nourrissent l’effort de guerre allié. Le réseau Alliance, dirigé à partir de 1941 par Marie-Madeleine Fourcade, en est un exemple : fort d’environ 3 000 agents à son apogée, il fournit des renseignements précieux pour la bataille de l’Atlantique.

Autre volet essentiel : les filières d’évasion, qui permettent à des aviateurs alliés abattus, des prisonniers évadés ou des résistants traqués de rejoindre l’Espagne puis Gibraltar. Le réseau Comète, fondé en 1941 par la jeune Belge Andrée de Jongh, en est l’exemple le plus célèbre : reliant Bruxelles à la frontière espagnole via Paris et le Pays basque, il a permis, selon les estimations, l’exfiltration de plusieurs centaines d’aviateurs alliés jusqu’en 1944. De Jongh elle-même accompagne personnellement plus d’une centaine de passages à travers les Pyrénées, avant d’être arrêtée en janvier 1943 et déportée à Ravensbrück, dont elle reviendra vivante.

La clandestinité impose une discipline de fer : pseudonymes, boîtes aux lettres mortes, cloisonnement des cellules pour limiter les dégâts en cas d’arrestation. Ces précautions ne suffisent pas toujours : l’espérance de vie d’un agent de liaison ou d’un chef de réseau, une fois repéré par les services allemands, se compte en mois.

Dossier

Les coulisses de la bataille la plus longue de la Seconde Guerre mondiale

5. Jean Moulin et l’unification : la naissance du CNR

L’un des grands défis de la Résistance intérieure est sa fragmentation et sa division : mouvements rivaux, sensibilités politiques opposées, absence de commandement unique. Le Général de Gaulle cherche à unifier le mouvement, et va confier cette mission à Jean Moulin. En janvier 1942, il est parachuté en France et va d’abord ouvrir une galerie d’art à Nice. Mais sa mission réelle sera d’unifier ces forces disparates et de les rattacher à la France Libre.

Un travail long et semé d’embûches : susceptibilités, méfiances, sensibilités politiques opposées, et aussi rivalités de personnes entre chefs de mouvements qui ont bâti leurs organisations dans l’isolement et n’entendent pas se soumettre facilement à une autorité extérieure…

Le 21 février 1943, de Gaulle confie officiellement à Moulin la charge de créer un Conseil de la Résistance rassemblant mouvements, partis politiques et syndicats des deux zones. Une mission complexe, mais qui va pourtant aboutir le 27 mai 1943 : dans un appartement du 48 rue du Four à Paris se tient en effet la première réunion clandestine du Conseil National de la Résistance (CNR), sous la présidence de Jean Moulin.

Il rassemble alors huit mouvements de résistance (Combat, Libération-Nord, Libération-Sud, Franc-Tireur, Front national, OCM, Ceux de la Résistance, Ceux de la Libération), six partis politiques (du Parti communiste à la Fédération républicaine) et deux confédérations syndicales (CGT et CFTC). L’enjeu dépasse la simple coordination opérationnelle : c’est une démonstration de force politique. En votant une motion de soutien unanime au général de Gaulle, le CNR assoit sa légitimité de chef de la Résistance face aux Alliés (surtout les Etats-Unis), qui lui préfèrent alors souvent le général Giraud.

Biographie

L’unificateur de la Résistance française

Les membres du bureau du CNR en septembre 1944.

Les membres du bureau du CNR en septembre 1944.

De gauche à droite : Jacques Debû-Bridel (fédération républicaine et Républicains nationaux) ; Pierre Villon (Front National) ; Gaston Tessier (Confédération française des Travailleurs) ; Robert Chambeiron (secrétaire général adjoint du C.N.R.) ; Pascal Copeau (Libération Sud) ; Joseph Laniel (Alliance Démocratique) ; Lecomte-Boinet (Ceux de la Résistance) ; Georges Bidault ; André Mutter ; Henri Ribière (Libéartion Nord) ; Daniel Mayer (Parti socialiste S.F.I.O) ; Jean-Pierre Lévy (Franc-Tireur) ; Paul Bastid (Parti radical et radical-socialiste) ; Auguste Gillot (P.C.F) ; Pierre Meunier (secrétaire général du C.N.R) et Louis Saillant (C.G.T.).

6. La répression

Mais le succès sera payé très cher. Moins d’un mois après sa création, le général Delestraint, chef de l’Armée secrète, est arrêté à Paris le 9 juin 1943. Jean Moulin doit d’urgence organiser sa succession. C’est dans ce contexte qu’il est arrêté à son tour, le 21 juin 1943, lors d’une réunion clandestine chez le docteur Dugoujon à Caluire-et-Cuire, près de Lyon, par la Gestapo commandée par Klaus Barbie. Torturé, il meurt (officiellement) le 8 juillet 1943, très probablement en gare de Metz, alors qu’il est transféré vers l’Allemagne, sans avoir livré ses réseaux.

Aux côtés de la Gestapo et de la police allemande, la répression s’appuie en France sur un instrument spécifiquement français : la Milice, créée par la loi du 30 janvier 1943 à l’initiative de Pierre Laval et Joseph Darnand, ancien fondateur du Service d’ordre légionnaire. Officiellement présentée comme un instrument de « redressement moral » du pays, la Milice devient rapidement une police politique au service de Vichy et des nazis. Elle est chargée de traquer résistants, réfractaires au Service du Travail Obligatoire (STO) et, évidemment, les Juifs. Ses effectifs, difficiles à établir avec précision, sont généralement estimés entre 25 000 et 30 000 membres au plus fort de son activité en 1944. Dirigée par des figures qui deviendront après-guerre des symboles de la collaboration la plus zélée, elle collabore étroitement avec la Gestapo, notamment à Lyon où elle appuie l’action de Klaus Barbie.

Cette répression frappe durement les réseaux tout au long de la guerre. Le réseau Alliance, par exemple, subit une vague d’arrestations dévastatrice à l’automne 1943 : plus de 300 arrestations paralysent une partie de ses centres émetteurs.

Sur l’ensemble de la guerre, l’ampleur exacte de la déportation pour faits de résistance est toujours l’objet de débats entre historiens, les chiffres variant selon les sources et les critères retenus. Les travaux de l’Institut d’histoire du temps présent et du ministère des Anciens combattants retiennent un ordre de grandeur d’environ 42 000 déportés pour faits de résistance, dont seulement 23 000 environ auraient survécu à l’internement ou à la déportation.

Maison du docteur Dugoujon à Caluire et Cuire

Maison du docteur Dugoujon à Caluire et Cuire

7. 1943 : le STO, accélérateur de la Résistance armée

L’année 1943 marque un basculement décisif dans l’histoire de la Résistance. Face au manque de main-d’œuvre pour l’industrie de guerre de l’Allemagne, le régime de Vichy institue par la loi du 16 février 1943 le Service du Travail Obligatoire (STO), qui contraint des classes entières de jeunes hommes à partir travailler en Allemagne. Environ 600 000 à 650 000 Français seront requis à ce titre.

Mais un nombre important de jeunes gens refusent de partir : on estime à environ 200 000 le nombre de réfractaires au STO, dont une partie (les estimations parlent d’environ 50 000 personnes) va rejoindre les maquis, dans le Vercors, les Cévennes, le Limousin, la Haute-Savoie ou les Pyrénées. Le STO agit ainsi comme un puissant accélérateur : la Résistance gagne en ampleur et touche désormais des pans entiers de la population française

8. Des maquis à la guérilla : quand la Résistance prend les armes

Les réfractaires affluant vers les zones montagneuses ou boisées font naître, à partir de 1943, de véritables maquis armés, aptes à mener des opérations de guérilla et même dans certains cas capables d’affronter directement les troupes allemandes.

Le maquis du Vercors en est un exemple. Ce vaste plateau alpin, difficile d’accès, devient à partir de 1943 un refuge pour plusieurs milliers de résistants qui s’y organisent militairement. Le 3 juillet 1944, ses responsables proclament même une éphémère « République libre du Vercors », dotée d’une administration, d’une justice militaire et d’une presse propres. Après une première opération de répression menée par la Milice en avril 1944, le massif est encerclé et attaqué à partir du 21 juillet 1944 par une force allemande d’environ 10 000 hommes, appuyée par des unités aéroportées. Le bilan est terrible : environ 800 morts, dont 639 résistants et 201 civils selon les données du ministère des Armées, et plus de 570 maisons détruites. Le village martyr de Vassieux-en-Vercors sera fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle en 1945, aux côtés de Paris et de trois autres communes.

D’autres maquis connaissent un sort comparable au cours du printemps et de l’été 1944 : Glières en Haute-Savoie en mars, ou encore Mont Mouchet en Auvergne et Saint-Marcel en Bretagne en juin. Cela confirme une réalité stratégique : faute de moyens lourds, la Résistance ne peut pas, à elle seule, tenir durablement un territoire face à l’armée allemande. Sa force réside ailleurs, dans le harcèlement, le sabotage et le renseignement plutôt que dans l’affrontement frontal.

9. Les FFI : l’unification militaire de la Résistance

Le 1er février 1944, les principales organisations armées de la Résistance (l’Armée secrète gaulliste, l’Organisation de résistance de l’armée et les FTP communistes) fusionnent pour former les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), placées sous le commandement du général Koenig depuis Londres. Leur montée en puissance est spectaculaire : environ 100 000 hommes en janvier 1944, 200 000 en juin, jusqu’à 400 000 en octobre 1944.
FFI dans le village de Kersaint, près de Brest (Finistère)

FFI dans le village de Kersaint, près de Brest (Finistère)

10. La Libération : la Résistance sort de l’ombre

Avant et pendant le Débarquement en Normandie, en juin 1944, les FFI jouent un rôle actif et considérable : sabotage des voies ferrées et des communications pour ralentir les renforts allemands, guidage des troupes alliées, harcèlement de l’ennemi. Le général Eisenhower estimera plus tard que l’appui apporté par la Résistance équivalait à plusieurs divisions régulières.

À Paris, la Résistance intérieure, sous l’impulsion du colonel Rol-Tanguy, déclenche une insurrection à la mi-août 1944. La capitale est libérée le 25 août 1944, avec l’entrée de la 2e division blindée du général Leclerc, épaulée par les combattants FFI déjà engagés dans les combats de rue.

À l’issue de la Libération, une partie des FFI est intégrée à l’armée française régulière (environ 114 000 hommes, soit près d’un tiers des effectifs recensés), principalement au sein de la 1ère armée du général de Lattre de Tassigny. C’est ce qu’on appellera « l’amalgame » entre Résistance intérieure et armée régulière.

11. Bilan et mémoire

Évaluer précisément le poids de la Résistance française reste un exercice délicat : les estimations varient fortement selon les critères retenus et les sources (adhésion active, soutien logistique ponctuel, sympathie passive), et les historiens continuent d’en débattre. Ce qui est mieux établi, en revanche, c’est son poids politique dans la France de l’après-guerre : le programme du CNR, adopté en mars 1944, inspirera une partie des grandes réformes sociales de la Libération (Sécurité sociale, nationalisations, droit de vote des femmes obtenu en 1944).

La mémoire de la Résistance a également connu ses propres évolutions et controverses historiographiques, notamment autour de ce que l’historien Henry Rousso a appelé le « mythe résistancialiste » : la tendance, dans les décennies d’après-guerre, à présenter la France comme unanimement résistante, minimisant la réalité d’une population en majorité attentiste et d’un régime de Vichy activement collaborateur. Depuis les années 1970-1980, l’historiographie s’est efforcée de restituer une image plus nuancée, sans pour autant minorer le courage réel de ceux qui ont choisi de résister, souvent au péril de leur vie.

Dossier

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La Résistance en quelques questions

Quelle est la différence entre un réseau et un mouvement de résistance ?
Un réseau se consacre principalement au renseignement ou à l’action militaire directe, généralement au service des services secrets alliés. Un mouvement, lui, est davantage tourné vers la propagande, la presse clandestine et l’organisation politique de la Résistance sur un territoire donné.

Qu’est-ce que le CNR et pourquoi a-t-il été créé ?
Le Conseil National de la Résistance, créé le 27 mai 1943 sous l’impulsion de Jean Moulin, rassemble pour la première fois l’ensemble des mouvements, partis politiques et syndicats résistants au sein d’une même instance. Il visait à unifier la Résistance intérieure et à asseoir la légitimité du général de Gaulle comme son chef incontesté.

Pourquoi Jean Moulin est-il une figure aussi centrale de la Résistance ?
Parce qu’il est l’artisan de son unification. Envoyé par de Gaulle dès janvier 1942 pour rassembler des mouvements jusque-là dispersés et rivaux, il parvient à créer une structure commune, le CNR, avant d’être arrêté et de mourir sous la torture sans avoir livré ses réseaux.

Qu’est-ce que le STO et quel a été son impact sur la Résistance ?
Le Service du Travail Obligatoire, instauré par Vichy le 16 février 1943, contraint de jeunes Français à partir travailler en Allemagne. Environ 200 000 d’entre eux refusent et entrent dans la clandestinité ; une partie significative rejoint les maquis, ce qui contribue directement à l’essor de la Résistance armée à partir de 1943.

Qu’est-ce que la Milice française ?
Créée par le régime de Vichy le 30 janvier 1943 sous l’autorité de Joseph Darnand, la Milice est une police politique française chargée de traquer résistants, réfractaires au STO et Juifs, en étroite collaboration avec la Gestapo. Elle incarne la dérive la plus radicale de la collaboration d’État.

Que sont les FFI ?
Les Forces Françaises de l’Intérieur, créées le 1er février 1944, résultent de la fusion des principales organisations armées de la Résistance (Armée secrète, ORA, FTP). Leurs effectifs passent d’environ 100 000 hommes en janvier 1944 à 400 000 en octobre de la même année.

Combien de résistants ont été déportés ?
Le chiffre exact reste débattu par les historiens. Un ordre de grandeur communément retenu évoque environ 42 000 déportés pour faits de résistance, dont environ 23 000 auraient survécu, mais ces chiffres varient selon les sources et les méthodologies.

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