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Neville Chamberlain

(1869 – 1940)

Neville Chamberlain
Neville Chamberlain

Origines, jeunesse et premières responsabilités

Arthur Neville Chamberlain naît le 18 mars 1869 à Birmingham, dans une famille aux solides ancrages politiques. En effet, son père, Joseph Chamberlain, fut une figure influente, tandis que son demi-frère Austen occupe des fonctions ministérielles de premier plan. Éduqué à la Rugby School, puis au Mason College de Birmingham, il choisit une formation tournée vers l’ingénierie et le commerce. Jeune adulte, il rejoint une plantation familiale aux Bahamas, un projet malheureux qui lui laisse néanmoins une réputation de dirigeant pratique et dévoué.

Ascension politique : des réformes sociales aux finances du pays

Chamberlain entre en politique locale comme conseiller municipal puis Lord-maire de Birmingham (1915–1916). Il devient ensuite Président du service national pendant la Première Guerre mondiale. Élu député en 1918, il gravit rapidement les échelons. Il devient ministre de la Santé, puis Chancelier de l’Échiquier dans plusieurs gouvernements entre 1923 et 1937.

Au cours de cette période, il fait adopter des lois sociales importantes — dont la réforme de l’aide aux pauvres (Local Government Act), la protection des enfants et des femmes (Factories Act 1937), ainsi que des mesures en faveur du logement et des congés payés —, affirmant son profil de « radical conservateur ».

Premier ministre et politique d’apaisement (1937-1939)

Le 28 mai 1937, Chamberlain succède à Stanley Baldwin au poste de Premier ministre et chef du Parti conservateur. Face à la montée des tensions internationales, il met en avant une politique de diplomatie et d’apaisement. Il cherche à tout prix à éviter un nouveau conflit mondial. Ainsi , lors des accords de Munich (30 septembre 1938), il accepte que l’Allemagne annexe les Sudètes de Tchécoslovaquie. Il revient à Londres avec la célèbre promesse de « peace for our time » (« paix pour notre temps »). Si cette décision suscite auprès du public un sentiment de soulagement, elle sera rapidement considérée comme une erreur politique lourde de conséquences, surtout après l’occupation de Prague en mars 1939.

Neville Chamberlain, Edouard Daladier, Adolf Hitler et Benito Mussolini
Neville Chamberlain, Edouard Daladier, Adolf Hitler et Benito Mussolini

Seconde Guerre mondiale et fin de mandat (1939–1940)

L’invasion de la Pologne par l’Allemagne en septembre 1939 pousse le Royaume-Uni à déclarer la guerre le 3 septembre, mettant fin à la politique d’apaisement. Chamberlain dirige le pays pendant les huit premiers mois du conflit, marqués par une préparation au combat et une exaspération croissante face aux défaites, notamment en Norvège. Sous le feu des critiques, il démissionne le 10 mai 1940 pour laisser la place à Winston Churchill. Il conserve brièvement un portefeuille de soutien comme Lord President of the Council.

Maladie, mort et héritage controversé

Peu après sa démission, Chamberlain, atteint d’un cancer colorectal, se retire de tous ses mandats. Il décède le 9 novembre 1940 à Heckfield, dans le Hampshire, à l’âge de 71 ans. Sa réputation historique est ambivalente : salué pour ses réformes sociales, il est aussi très critiqué pour sa diplomatie conciliante envers Hitler.

Neville Chamberlain en quelques questions

Pourquoi Chamberlain a-t-il signé les accords de Munich ?

Chamberlain voulait à tout prix éviter un second conflit mondial qui, selon lui, détruirait la civilisation européenne. En cédant les Sudètes à Hitler, il pensait avoir satisfait les dernières revendications territoriales du dictateur et gagné du temps pour réarmer le Royaume-Uni, qui n’était pas prêt pour la guerre en 1938.

Était-il le seul responsable de la politique d’apaisement ?

Non. À l’époque, la majorité de l’opinion publique britannique et française, traumatisée par la Première Guerre mondiale, soutenait massivement Chamberlain. Des dirigeants comme Édouard Daladier en France partageaient, bien que plus amèrement, cette vision.

Quelle fut sa réaction lorsque Hitler a envahi la Pologne ?

Ce fut un choc total. Chamberlain a réalisé que Hitler l’avait trompé. Le 3 septembre 1939, c’est d’une voix brisée qu’il a annoncé à la radio que la Grande-Bretagne était en guerre, déclarant : « Tout ce pour quoi j’ai travaillé, tout ce en quoi j’ai cru, tout ce que j’ai espéré s’est écroulé en ruines. »

Quelle était sa relation avec Winston Churchill ?

Churchill était son critique le plus féroce durant les années 30. Cependant, après sa démission en mai 1940, Chamberlain a soutenu Churchill loyalement au sein du cabinet de guerre jusqu’à sa mort prématurée d’un cancer quelques mois plus tard. Churchill lui a d’ailleurs rendu un hommage vibrant.

Comment l’histoire juge-t-elle Chamberlain aujourd’hui ?

Si son nom reste associé à l’échec de la diplomatie face aux dictatures, les historiens modernes sont plus nuancés. Ils soulignent que sa politique d’apaisement a permis au Royaume-Uni de renforcer son aviation (la RAF), ce qui s’est révélé décisif lors de la Bataille d’Angleterre.

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