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Les avions

Hawker Hurricane

Carte d’identité

  • Période de service : 1937–1947
  • Concepteur : Sydney Camm
  • Fabricant : Hawker Aircraft, Gloster, Canadian Car and Foundry

Fiche technique

Hurricane Mk.II

  • Longueur : 9,75 m
  • Hauteur : 3,98 m
  • Equipage : 1 pilote
  • Armement : 8 mitrailleuses Browning de 7,7 mm
  • Production : entre 14 200 et 14 583 selon les sources

1. Le successeur logique d’un biplan

Le Hurricane est le successeur du Hawker Fury, intercepteur biplan monoplace datant de 1925. En 1933, la RAF comprend enfin les avantages de l’avion monoplan et émet la fiche programme F.36/34, concernant un chasseur monoplan armé de huit mitrailleuses et motorisé par le Rolls-Royce PV-12, le futur Merlin. La firme Hawker, dont les Fury et les Hart équipaient déjà bon nombre d’escadrons du Fighter Command, s’intéresse au projet et se met au travail début 1934.

Le bureau d’étude de Hawker, dirigé par Sydney Camm, reprend la technique de fabrication qui faisait la réputation de la firme : la moitié arrière du fuselage est une structure en tubes métalliques soutenant des entretoises et des longerons en bois et un entoilage, exactement la même approche que sur les biplans Hawker précédents. Cette méthode rend l’appareil plus facile à produire et moins coûteux, tout en restant aussi résistant que ses contemporains entièrement métalliques.

Le premier vol du Hurricane a lieu le 6 novembre 1935, soit quatre mois avant celui du Spitfire. Comparé aux chasseurs en service à cette époque, le nouvel appareil est révolutionnaire : monoplan avec train rétractable, ses 1 025 ch de moteur Merlin C lui permettent de dépasser les 500 km/h.

2. Une conception délibérément conservatrice

À la différence du Spitfire avec son aile elliptique sophistiquée, le Hurricane choisit la simplicité industrielle. Sa conception est déjà obsolète au moment de sa sortie : le fuselage est une structure en treillis entoilée, les ailes étant elles aussi entoilées au départ. Par la suite, une aile métallique à revêtement travaillant est introduite, ce qui permet d’augmenter la vitesse en piqué.

Ce choix conservateur n’est pas un handicap : c’est un atout stratégique majeur que peu d’observateurs anticipent en 1935. La firme Hawker comprend que ce procédé permettra une fabrication rapide et peu coûteuse, un avantage décisif lorsque la guerre exigera une production de masse. La structure en tubes métalliques peut être réparée sur le terrain avec des outils rudimentaires, là où une cellule entièrement métallique exige des ateliers spécialisés. Un Hurricane endommagé peut souvent reprendre l’air après une réparation de fortune que le Spitfire ne pourrait pas supporter.

La RAF commande 600 exemplaires en juin 1936, et les premiers appareils deviennent opérationnels en décembre 1937 au sein du Fighter Command.

3. La campagne de France : premier sang

En septembre 1939, le Fighter Command envoie quatre escadrons de Hurricane en France en prévision de l’invasion allemande. L’appareil y connaît son baptême du feu en abattant un Dornier 17 le 30 octobre de cette année. Le 27 mai 1940, treize appareils de l’escadron 501 interceptent vingt-quatre Heinkel He 111 escortés par vingt Messerschmitt Bf 110, et durant la bataille qui s’ensuit, onze Heinkel sont avérés abattus ou endommagés, avec seulement de petits dommages pour les Hurricane.

En réponse à une requête du gouvernement français demandant un support aérien de dix escadrons de combat supplémentaires, Hugh Dowding, commandant en chef du RAF Fighter Command, insiste sur le fait que cela épuiserait sévèrement les défenses britanniques. Cette décision difficile, prise alors même que la France s’effondre, préserve les forces nécessaires à ce qui deviendra quelques semaines plus tard la Bataille d’Angleterre, au prix, pour la France, de moyens aériens encore plus limités.

L’épisode belge illustre la fragilité des petites forces aériennes face à la Blitzkrieg. Les quinze Hurricane livrés à la Belgique avant le gel des livraisons décidé par le gouvernement britannique se différenciaient des Mk I britanniques par leur armement : quatre mitrailleuses lourdes de 13,2 mm au lieu des huit classiques de .303. Les Allemands parviennent à détruire presque tous les Hurricane belges en quelques jours, illustrant l’écrasante disproportion des forces lors de l’invasion du Benelux.

4. La Bataille d’Angleterre : le cheval de bataille méconnu

C’est dans le ciel britannique de l’été 1940 que le Hurricane accomplit son rôle historique le plus important et le moins célébré par la mémoire populaire. À la fin de juin 1940, après la défaite alliée en France, 31 des 61 escadrons de chasse de la RAF sont équipés de Hurricane. Le Hurricane constitue alors l’épine dorsale de la RAF, représentant environ 65% des chasseurs monoplaces disponibles.

Généralement, les Spitfire interceptent les chasseurs tandis que les Hurricane sont chargés d’abattre les bombardiers. Durant cette période, les Hurricane totalisent le plus grand nombre de victoires de la RAF, soit 55% des 2 739 pertes allemandes, contre 42% accordées aux Spitfire.

En 1939, au début de la guerre, seulement 500 Hurricane sont en service. Ils seront 2 300 à la fin de la Bataille d’Angleterre, dont 1 451 construits au Canada, les bombardements allemands rendant leur production difficile au Royaume-Uni. Cette montée en cadence à l’échelle du Commonwealth illustre une capacité d’adaptation industrielle remarquable en pleine crise.

5. Malte, le désert et l’Arctique

Même au plus fort de la Bataille d’Angleterre, trois escadrons de Hurricane sont préservés pour être utilisés à Malte et dans le désert occidental. Après son rôle essentiel dans la Bataille d’Angleterre, il constitue l’épine dorsale de la défense de Malte, à une époque où les Britanniques ne peuvent encore se permettre d’envoyer des masses de Hurricane à des milliers de kilomètres de leur île.

C’est en Afrique du Nord que le Hurricane démontre pour la première fois son efficacité contre les blindés ennemis au sol, en détruisant des chars et des véhicules blindés à l’aide de ses roquettes ou de ses canons lourds. L’Hurricane Mk IID, surnommé « l’ouvre-boîte », est armé de deux canons antichars de 40 mm sous les ailes, conçus spécifiquement pour détruire les blindés ennemis en Afrique du Nord. En Afrique du Nord, il est progressivement remplacé en tant que chasseur par le P-40, et recyclé en chasseur-bombardier contre les troupes de Rommel.

Le théâtre arctique révèle une dimension stratégique moins connue de l’appareil. Les Hurricane Mk II jouent un rôle dans la défense aérienne en 1941 lorsque l’Union soviétique se retrouve sous la menace de l’armée allemande, celle-ci s’étendant de Leningrad et Moscou jusqu’aux champs de pétrole du Sud. La décision britannique d’envoyer des vivres par la mer vers les ports du nord expose les convois aux attaques de la Luftwaffe basée en Finlande voisine. Des Hurricane Mk IIb des escadrons 81 et 134 sont chargés de protéger ces convois arctiques, préfigurant les convois PQ qui ravitailleront l’URSS tout au long de la guerre.

6. Les versions principales

Le Mark I initial, héros de la Bataille d’Angleterre, est suivi par le Mark II en septembre 1940, équipé d’un moteur Merlin XX plus puissant. Cette nouvelle motorisation permet d’augmenter la charge utile et d’installer un armement plus lourd.

Le Mark II se décline en plusieurs sous-variantes, transformant le chasseur en une véritable plateforme multi-rôle : le Mk IIB, armé de douze mitrailleuses de 7,7 mm ; le Mk IIC, équipé de quatre canons Hispano de 20 mm, en faisant un destructeur de bombardiers et un avion d’attaque au sol très efficace ; et le Mk IID, surnommé « l’ouvre-boîte », armé de deux canons antichars de 40 mm sous les ailes.

L’Aéronavale britannique adapte également l’appareil à ses besoins propres. L’Aéronavale utilise une version équipée de deux bombes de 114 kg, appelée Hurribomber. Une version navale, le Sea Hurricane, est conçue pour être catapultée depuis des navires marchands armés, solution d’urgence destinée à protéger les convois transatlantiques contre les attaques aériennes allemandes, à une époque où les porte-avions d’escorte manquent encore.

7. Le déclin face au Typhoon et au Tempest

Au cours de la seconde moitié de la guerre, le Hurricane est souvent remplacé par le chasseur-bombardier Hawker Typhoon, plus rapide et plus maniable, qui excelle à grande vitesse et à basse altitude, et, à partir de 1944, par le Hawker Tempest. Rapidement, Hawker tente de lui trouver un successeur avec le Typhoon puis le Tempest.

Malgré ce remplacement progressif, le Hurricane reste engagé jusqu’aux derniers mois du conflit sur des théâtres secondaires. Il fut enfin utilisé en Extrême-Orient, en Birmanie notamment, jusqu’à la fin de la guerre. Les derniers Hurricane en service dans la RAF finissent par être remplacés en janvier 1947.

8. Évaluation

Le jugement le plus juste sur le Hurricane tient en une comparaison directe avec son célèbre compagnon d’armes. Le Supermarine Spitfire était plus performant que le Hawker Hurricane en termes de vitesse et de manœuvrabilité. Le Hawker Hurricane était unique parce qu’il était le premier monoplan de la RAF et le chasseur que la RAF avait en plus grand nombre lors de la Bataille d’Angleterre.

L’avion était plutôt lent comparé à son adversaire de la Bataille d’Angleterre, le Bf 109, mais il tournait plus court et constituait une très bonne plate-forme de tir. Le Hawker Hurricane n’était peut-être pas le chasseur le plus rapide ou le plus agile de son temps, mais sa conception robuste, sa puissance de feu et sa disponibilité en grand nombre en ont fait l’instrument dont la Royal Air Force avait besoin au moment le plus critique de son histoire.

C’est précisément cette absence de spectaculaire qui explique pourquoi le Hurricane reste, aujourd’hui encore, éclipsé par le Spitfire dans la mémoire collective alors même que les chiffres de victoires de l’été 1940 racontent une histoire différente. Un chasseur né d’une technique déjà ancienne, produit en masse à un coût raisonnable, capable d’encaisser des dommages que ses concurrents plus modernes n’auraient pas supportés : c’est exactement le profil dont une nation en guerre totale a besoin, bien plus qu’un chasseur d’exception produit en trop petit nombre.

9. Évolution & variantes

VersionMoteursProductionCaractéristique principale
Mk IMerlin II ou III~3 700 à 4 000Première version de série ; principale version de la bataille de France et de la bataille d’Angleterre
Mk IIA Series 1Merlin XX1 906 conversionsVersion équipée du Merlin XX ; désignation provisoire avant l’adoption des nouvelles ailes
Mk IIA Series 2 / Mk IIBMerlin XX~3 100 Aile universelle permettant l’emport de huit mitrailleuses, de bombes ou de roquettes
Mk IICMerlin XX~3 400Quatre canons Hispano de 20 mm ; version très employée en attaque au sol et en Afrique du Nord
Mk IIDMerlin XX~800Version antichar équipée de deux canons Vickers S de 40 mm sous les ailes
Mk IVMerlin 24 ou 27794Dernière grande version britannique produite ; aile universelle et emploi privilégié comme avion d’assaut
Mk VMerlin 27 ou 322 conversions et 1 prototypeTentative ultime de remotorisation ; aucune production de série véritable
Mk XMerlin XX490Version canadienne fabriquée par Canadian Car and Foundry ; cellule similaire au Mk IIA
Mk XI / Mk XIIMerlin XX ou Packard Merlin 29Production canadienne, chiffres variables selon les décomptesVersions canadiennes utilisées principalement pour la défense et l’entraînement
Sea Hurricane Mk IA / IB / ICMerlinProduction issue de conversions et de séries spécifiquesVersion navale adaptée aux porte-avions d’escorte et aux catapultes de navires marchands

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Sommaire

Carte d’identité

  • Période de service : 1937–1947
  • Concepteur : Sydney Camm
  • Fabricant : Hawker Aircraft, Gloster, Canadian Car and Foundry
  • Production : entre 14 200 et 14 583 selon les sources

Fiche technique

Hurricane Mk.II

  • Longueur : 9,75 m
  • Hauteur : 3,98 m
  • Equipage : 1 pilote
  • Armement : 8 mitrailleuses Browning de 7,7 mm