Fatherland
Robert Harris
Résumé :
Berlin, avril 1964. L’Allemagne nazie a remporté la Seconde Guerre mondiale vingt ans plus tôt. Le Reich s’étend de l’Atlantique à l’Oural, une guerre froide gèle les rapports avec les États-Unis, et la capitale se prépare à fêter le 75e anniversaire du Führer en présence du président américain Joseph Kennedy. C’est dans ce contexte que le Sturmbannführer Xavier March, officier de la Kriminalpolizei, est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un ancien dignitaire SS retrouvé noyé au bord d’un lac. Rapidement, d’autres meurtres surviennent parmi d’anciens participants à une réunion mystérieuse tenue à Wannsee en 1942. La Gestapo s’intéresse de près à l’enquête. March, aidé d’une journaliste américaine, va découvrir ce que le régime cherche à enterrer définitivement…
Intérêt historique :
Fatherland appartient au genre de l’uchronie : le cours de l’Histoire bifurque à partir de 1942, avec le succès de l’opération Barbarossa, la chute de Moscou et la capitulation britannique. Tout le reste (les mécanismes du pouvoir nazi, la conférence de Wannsee, la Solution finale, les rivalités entre services) s’appuie sur des faits rigoureusement documentés. Robert Harris, ancien journaliste d’investigation passé par la BBC et auteur d’un essai sur les faux carnets d’Hitler (Selling Hitler, 1986), maîtrise son sujet. Le roman pose une question qui dépasse la fiction : et si la Shoah avait pu rester secrète indéfiniment ? C’est précisément ce mécanisme du secret d’État que Fatherland dissèque avec une précision glaçante, en s’appuyant sur des documents historiques authentiques intégrés à l’intrigue.
Avis :
La note pour cet ouvrage :
Un roman rare, qui réussit à être simultanément un thriller policier haletant et une réflexion historique sérieuse. La force de Harris est de ne pas livrer son uchronie en bloc : la réalité alternative se révèle par petites touches, au fil des détails du quotidien berlinois, des uniformes, des noms de rues, de l’architecture démesurée rêvée par Speer. Xavier March est un personnage convaincant qui fait tenir ensemble le polar et la dimension historique. La fin, ouverte et douloureuse, est à la hauteur du reste. Une lecture indispensable pour qui s’intéresse à la mécanique du nazisme, à condition d’accepter les règles du jeu uchronique.
Editeur :
PocketNombre de pages :
432 pagesDate de parution :
28 mars 1996ISBN :
978-2266071178