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Les blindés

Panzer IV (Panzerkampfwagen IV)

Panzer IV Ausf J

Carte d’identité

  • Période de service : 1939–1945
  • Type : Blindé moyen
  • Concepteur : Krupp
  • Fabricant : Krupp, Vomag, Nibelungenwerk, Deutz

Fiche technique

Pour la version Ausf. H, canon KwK 40 L/48

  • Masse : 25 t / Pression au sol : 0,89 kg/cm²
  • Longueur : 7,02 m (avec canon)
  • Hauteur : 2,68 m
  • Largeur : 2,88 m
  • Equipage : 5 hommes (chef de char, tireur, chargeur, pilote, radio-mitrailleur)
  • Blindage : Caisse : 80 mm / Tourelle : 50 mm / Latéral : 30 mm
  • Armement : Canon 75 mm KwK 40 L/48 (87 obus) / 2 mitrailleuses MG 34 de 7,92 mm
  • Motorisation : Maybach HL 120 TRM, 12 cylindres essence, 300 ch
  • Vitesse max (route) : 40 km/h
  • Autonomie : 210 km
  • Production : Environ 9 000 pour l’ensemble des versions

1. Un char de soutien devenu char de bataille

Le 11 janvier 1934, la direction de l’armement de la Wehrmacht demande l’étude d’un char destiné à appuyer les futurs Panzer III, en fournissant des tirs anti-infanterie et anti-positions grâce à un canon de 75 mm à faible vélocité. Le véhicule ne doit pas dépasser 24 tonnes pour pouvoir emprunter les ponts militaires. En 1935, le projet de Krupp est retenu, et le premier Panzer IV Ausf. A sort d’usine en octobre 1937.

La conception de départ est donc celle d’un char de soutien, pas d’un chasseur de chars. Cette vocation initiale explique le canon court de 75 mm KwK 37 L/24, arme à faible vélocité parfaite pour envoyer des obus explosifs sur des bunkers et des positions d’infanterie, mais médiocre contre des blindés. Elle explique aussi que pendant les deux premières années de la guerre, personne au sein de la Wehrmacht ne prévoit que le Panzer IV deviendra un jour le char principal de la Panzerwaffe. Ce rôle-là était réservé au Panzer III.

La réalité du combat sur le front de l’Est va tout changer.

2. Les grandes familles de versions

Comme le Panzer III, le Panzer IV couvre une longue série de variantes. Elles s’organisent en deux grandes familles séparées par un tournant décisif en mars 1942.

Première génération : le char de soutien (Ausf. A à F1)

L’Ausf. A initial est produit à 35 exemplaires seulement, blindé uniquement contre les balles légères. Les Ausf. B et C améliorent progressivement le blindage et la motorisation. La fabrication à grande échelle ne débute réellement qu’à partir de l’Ausf. D, produit à 202 exemplaires à partir de juillet 1939. Les Ausf. E et F1 suivent le même schéma : blindage progressivement renforcé, canon court inchangé.

Ces premières versions font la Pologne, la France et les premiers mois de Barbarossa dans leur rôle de soutien. Lors de la campagne de France, le Panzer IV se révèle un char de combat médiocre, incapable de résister aux obus antichars de 47 mm français. Sa valeur est alors dans son obusier, pas dans son blindage.

Le tournant : l’Ausf. F2 et le canon long (mars 1942)

Le choc de Barbarossa oblige à tout revoir. Face aux T-34/76 et aux KV-1, ni le canon court du Panzer IV ni les 50 mm du Panzer III ne suffisent. En mars 1942, le KwK 37 court cède la place au 75 mm KwK 40 L/43 sur l’Ausf. F2, première variante du Panzer IV conçue comme véritable char de combat principal. Avec la munition perforante standard à 740 m/s de vélocité initiale, il peut pénétrer 89 mm de blindage même incliné à 30°. Le T-34/76 est désormais vulnérable à distance raisonnable.

Deuxième génération : le char de bataille (Ausf. G, H, J)

C’est dans ces trois variantes que se concentre l’essentiel de la production – environ 7 500 unités sur les 9 000 produites au total. Les modifications d’une version à l’autre sont relativement mineures : blindage frontal de caisse progressivement porté à 80 mm sur l’Ausf. H, canon L/48 légèrement plus long que le L/43, apparition des Schürzen (jupes latérales de 5 mm destinées à se prémunir contre les fusils antichars soviétiques et les roquettes portatives). L’Ausf. H est produit à 3 774 exemplaires, presque la moitié de la production totale. C’est lui qui combat en Normandie, dans les Ardennes et jusqu’aux derniers jours du Reich.

3. Le char de tous les fronts

Le Panzer IV est le seul char allemand engagé du premier au dernier jour de la guerre sur tous les théâtres d’opérations. Cette ubiquité le distingue fondamentalement du Tigre ou du Panther, présents en nombre limité et sur des fronts spécifiques.

En Afrique du Nord, les Ausf. E et F1 affrontent les Cruiser Mk IV et Matilda britanniques. Avec son canon court, le Panzer IV n’est pas un adversaire particulièrement redoutable pour les chars, mais son obusier dévaste l’infanterie et les positions antichar à des distances où les Britanniques ne peuvent pas répondre. Rommel l’utilise comme artillerie mobile autant que comme char.

À Koursk en juillet 1943, la majeure partie des unités blindées engagées lors de cette bataille est constituée de Panzer IV améliorés avec un blindage frontal allant jusqu’à 80 mm et le long canon de 75 mm de 48 calibres. Les Tigres et les Panthers font la une des rapports, mais ce sont les Panzer IV qui forment l’ossature réelle du dispositif blindé allemand.

En Normandie, 897 Panzer IV Ausf. H sont engagés face aux troupes alliées débarquées. Face au M4 Sherman, le bilan est nuancé : le Panzer IV affiche une fiabilité mécanique et une mobilité inférieures au Sherman, mais son canon de 75 mm L/48 offre une meilleure capacité de pénétration. À portée raisonnable, un Ausf. H peut engager et détruire un Sherman, mais pas l’inverse dans les mêmes conditions. Les équipages alliés apprennent rapidement à ne pas affronter les Panzer IV de face.

4. Évaluation

Le Panzer IV est fiable, de faible coût et dispose d’une puissance de feu honorable, mais la conception de son blindage vertical limite sa résistance au feu. Il se montre supérieur aux M4 Sherman et aux T-34/76, tient son rang face au T-34/85, mais ne devient totalement dépassé que face aux IS-2 soviétiques et M26 Pershing américains, deux chars lourds.

C’est le portrait d’un char honnête, sans génie particulier, mais sans défaut rédhibitoire. Sa vraie force est industrielle : il peut être produit en grande série, maintenu sur le terrain, et adapté en permanence sans nécessiter une refonte complète de la chaîne de fabrication. Le Tigre est plus impressionnant, le Panzer IV est plus utile.

Ses équivalents alliés sont le M4 Sherman produit à 50 000 exemplaires et le T-34 produit à 60 000. Le Panzer IV, à 9 000 unités, ne peut pas jouer dans cette catégorie. Mais à la différence du Tigre (1 347 unités) ou du Panther (6 000 unités produites mais souvent immobilisées par des pannes), il est là, en permanence, sur tous les fronts, jusqu’au bout.

5. Évolution & variantes

VersionArmement principalProductionCaractéristique principale
Ausf. A à DCanon court de 7,5 cm KwK 37 L/24~460Premières versions ; char d’appui doté d’un canon court destiné principalement aux cibles non blindées
Ausf. ECanon de 7,5 cm KwK 37 L/24~200Blindage frontal renforcé et tourelle améliorée
Ausf. F1Canon de 7,5 cm KwK 37 L/24471Dernière version à canon court produite en grande série
Ausf. F2Canon long de 7,5 cm KwK 40 L/43~175Réarmement d’urgence après les premières rencontres avec les T‑34 et KV soviétiques
Ausf. GCanon de 7,5 cm KwK 40 L/43 puis L/48~1 900Première grande version antichar du Panzer IV ; blindage et armement progressivement renforcés
Ausf. HCanon de 7,5 cm KwK 40 L/482 322 à 3 774 Version la plus produite dans plusieurs sources ; blindage espacé, schürzen et simplifications de production
Ausf. JCanon de 7,5 cm KwK 40 L/483 160 à 3 655Dernière version ; suppression du moteur électrique de tourelle pour économiser les matériaux et la main-d’œuvre
Panzerbefehlswagen IVCanon de 7,5 cm KwK 37 ou KwK 40 selon la baseConversionsVersion de commandement avec équipements radio supplémentaires et dotation en munitions réduite
Sturmgeschütz IVCanon StuK 40 L/48 de 7,5 cm1 108Canon d’assaut sans tourelle construit sur châssis de Panzer IV ; destiné à l’appui et à la lutte antichar

Sommaire

Carte d’identité

  • Période de service : 1939–1945
  • Type : Blindé moyen
  • Concepteur : Krupp
  • Fabricant : Krupp, Vomag, Nibelungenwerk, Deutz
  • Production : Environ 9 000 pour l’ensemble des versions

Fiche technique

Pour la version Ausf. H, canon KwK 40 L/48

  • Masse : 25 t / Pression au sol : 0,89 kg/cm²
  • Longueur : 7,02 m (avec canon)
  • Hauteur : 2,68 m
  • Largeur : 2,88 m
  • Equipage : 5 hommes (chef de char, tireur, chargeur, pilote, radio-mitrailleur)
  • Blindage : Caisse : 80 mm / Tourelle : 50 mm / Latéral : 30 mm
  • Armement : Canon 75 mm KwK 40 L/48 (87 obus) / 2 mitrailleuses MG 34 de 7,92 mm
  • Motorisation : Maybach HL 120 TRM, 12 cylindres essence, 300 ch
  • Vitesse max (route) : 40 km/h
  • Autonomie : 210 km